Première lettre d’Israël, de Tel Aviv au Lower East Side, par Chantal Ringuet
Romancier israélien Matan Hermoni
Lettre III
La lettre sur mer
Le temps menace la ville
d’un canon de rides
Tu m’écris que les arbres
étranglent les oiseaux
et que la mort fait mouche
sans jeu de mots
le bilinguisme entre les cuisses
Je ne sais plus si dehors
ma passion atterrit en catastrophe
ou si…
trois points suspensifs
La lumière s’est changée en cris
le vent blessé est introuvable
J’ai pris tous les risques
sans drapeau blanc
jusqu’à la cime des mots
Ville absolue dans l’éphémère
ville abrutie dans le mal vivre du poème
ville pour l’anecdotique vie
sans importance
sans porte de secours
sans porte de sortie
vie portée à vue par la mer
sous poids de barbelés.
Les cinq lettres
© Georges Castera
Éditions Mémoire d’encrier, 2012

Né en 1936 à Port-en-Prince, Haïti, Georges Castera est poète et dessinateur. Figure importante de la poésie contemporaine, il écrit en français, en créole et en espagnol. En 2006, il reçoit le prix Carbet de la Caraïbe. Il vit à Pétion-Ville.
Romancier israélien Matan Hermoni
Appartenir à une minorité littéraire est-il un atout pour un écrivain? L’establishment littéraire de Toronto aurait-il des réflexes de colonisés par rapport aux écrivains anglo-québécois de Montréal qu’il ignore avec superbe, saufs’ils sont publiés à Londres et à New York et y reçoivent des prix ? En littérature, tout est-il politique ? Y compris le mot «bilingue», honni de certaines associations d'écrivains? À une certaine époque, le nationalisme aurait-il été la nouvelle religion des écrivains, tant au Québec qu’au Canada? 
La nouvelle production de L’Elisir d’Amore de Donizetti, au Metropolitain Opera de New York, diffusée en direct en HD, le 13 octobre dernier, est fraîche, amusante et a juste ce qu’il faut de moderne pour plaire…
Anna Netrebko (Adina)

Dans un premier de deux textes, Eric Deguire aborde notre rapport à Netflix et l’illusion de choix qu’offre ce genre de plateformes.