Entrevue avec Émile Martel
Émile Martel est poète, traducteur, ancien diplomate, membre de l’Académie des lettres du Québec et président du Centre québécois du P.E.N. international.
Montaigne, notre contemporain
Montaigne ou Nostradamus ? Une série de miniatures visant à démontrer l’actualité de la clairvoyante sagesse de Montaigne.
C’est Montaigne lui-même qui se définit comme un génie sans pareil dans « Du repentir » (Essais, III, ii) : « Les autres forment l’homme ; je le récite et en représente un particulier mal formé, et lequel, si j’avais à façonner de nouveau, je ferais vraiment bien autre qu’il n’est. » Tandis que « les autres » sont définis par les vicissitudes de leur temps, Montaigne définit son temps, qui veut dire qu’il en définit même le nôtre. Il ne s’agit ni de l’alchimie mystérieuse d’un prophète ni de la recherche des universaux stériles, tels les nombreux parallèles historiques qui « retrouvent » le monde actuel dans le passé. En d’autres termes, affubler Montaigne du qualificatif « notre contemporain », c’est le contraire d’une métaphore banale que l’on trouve dans bon nombre de « miroirs » historiques. Si les « autres » écrivent dans l’ombre de leur contexte historique, Montaigne, tout comme Shakespeare (voir Shakespeare, notre contemporain, de Jan Kott), dévoile « l’image de l’Histoire » et l’image du « Grand Mécanisme » (ces expressions sont de Kott) comme symboles de forces réelles, imbriquées, de la même manière aujourd’hui qu’au XVIe siècle, dans l’essence vivante de l’humanité.
© 2016, Zoran Minderovic

Rédacteur associé du Salon .ll. Zoran Minderovic
Chercheur, traducteur, relecteur (membre du PEN Canada) et écrivain, Zoran Minderovic a traduit des livres de Claude Lévi-Strauss, Julia Kristeva et Félix Ravaisson en serbe. Il est rédacteur associé du Salon .ll.
Émile Martel est poète, traducteur, ancien diplomate, membre de l’Académie des lettres du Québec et président du Centre québécois du P.E.N. international.
Membres du Comité de rédaction Felicia Mihali, Marie-Andrée Lamontagne et Annabelle Moreau en réunion au
sujet du Salon littéraire, octobre 2011. [Photo: Linda Leith]
Lecteur qui entres dans ce salon littéraire, tu en auras la preuve, pourvu que tu veuilles t’y attarder et ouvrir les yeux. Ici, en ce lieu conçu comme autant de plateaux d’un théâtre à scènes multiples où elle se donne à voir, la part occultée de la littérature dans nos sociétés sera montrée dans tous ses états, et de même sa part manifeste. La littérature, oui, est partout.
Dans Les couleurs de nos souvenirs, Michel Pastoureau, le grand historien des chromatismes du monde, dévoile les enluminures de ses souvenirs, en ajoutant ses analyses inimitables des couleurs qui ont défini notre culture, y compris la couleur qui ne l’est pas parce qu’elle est plus qu’une couleur : le noir.

Série de miniatures par Zoran Minderovic
# 1
La déraison de la raison
Montaigne décrie la raison, en ajoutant que l’éducation n’est pas un antidote à des idées loufoques.
