Autour d'un feu, par Maryse Barbance




Il est des livres que l’on attend sans le savoir. Je sais trop bien ne pas exister est de ceux-là, qui souffle un tel courant d’air frais que l’on s’étonne d’avoir pu respirer tout à fait bien auparavant.

Les premières lignes donnent le ton : « Si le sort du Québec me fascine autant, c’est que je crois y reconnaître ma propre névrose : ne jamais se sentir autant soi-même que sur le seuil de la disparition. » Mais s’agit-il d’une névrose ? Cette posture d’indétermination, où se trouve — se place — le Québec, n’est-elle pas à prendre, peut-être comme un symptôme, mais surtout, à l’instar de tout symptôme, comme une parole ? Une parole à entendre donc, en regard de l’histoire, de ce qui a eu lieu, afin que la vie poursuive son cours dans le mouvement, la circulation, au lieu de la cristallisation, la fixation ; cette fixation à laquelle convieraient, dit-on, les voix de Maria Chapdelaine : « Nous sommes un témoignage. / C’est pourquoi il faut rester dans la province où nos pères sont restés, et vivre comme ils ont vécu, pour obéir au commandement inexprimé qui s’est formé dans leurs cœurs, qui a passé dans les nôtres et que nous devrons transmettre à notre tour à de nombreux enfants : Au pays de Québec rien ne doit mourir et rien ne doit changer[1]... » Ces voix dont se souviendra Menaud[2], et qui nous interrogent : rien ne doit-il changer ?, ou plutôt : que faut-il retenir/préserver du passé qui donne de la force pour aller de l’avant ?

À la disparition travaillent activement capitalisme et néolibéralisme qui attaquent toute forme de lien, poursuit l’auteur, qui minent ce qui unit les êtres entre eux, à leur pays et à leur passé, en leur faisant miroiter à la place l’horizon de la mondialisation : « Dépossédez-vous de tout ! Et je passerai ensuite avec un navire de babioles à vendre pendant que tout votre être est en manque grave de liens[3] »,  nous dit l’économie sauvage.

            Une réflexion qui me renvoie à la pensée de Durkheim[4] sur la division du travail imposée par le capital : être coupé de son travail, autrement dit de ce qui nous unit à ce que nous créons ; être réduit à l’état de maillon d’une chaîne de production dont le produit final échappe. Autant dire être dépossédé du sens de ce travail, de son intérêt et du plaisir qu’il peut procurer, à défaut de beaucoup d’argent ; et du même coup n’avoir plus que la consommation pour jouissance. Producteur machinique d’un côté, consommateur asservi de l’autre[5].  

Qu’en est-il du rapport des Québécois à leur pays, à leur passé, à leur identité/altérité ? « Je sais de moi, de nous, répond Lévesque, que la gigue du Québec est largement écossaise. Que notre voix de diva a des racines irlandaises. Que notre personnalité est bien plus anglaise qu’on ne le croit, en général. J’aime parler, lire, entendre la langue anglaise. […] Mon indépendance collective, je la vois aussi comme l’incarnation politique de l’intégration de cette identité anglaise en moi, en nous[6]. » Les Québécois, plus Anglais qu’il n’y paraît ? Écossais et Irlandais ? Et sans doute, également, métissés des Premiers Peuples et des Américains. Et des autres communautés qui ont immigré au Québec depuis le début du 20e siècle. » 

            Et Lévesque d’ajouter, dans ce renversement saisissant : comment dire les Québécois « de souche », eux dont l’activité a toujours consisté à « dessoucher »[7] : « Seules les idéologies “nationaleuse” et “anti-nationaleuse” pouvaient détourner le sens dynamique de la souche », analyse l’auteur. 

            Un dynamisme que l’expression « tire-toi une bûche » traduit bien, qui invite l’étranger à prendre place auprès de soi pour échanger : « sur ce tronçon d’arbre arraché, scié, dorénavant mobile, en mouvement, sur ce fragment de paysage déraciné par la technique, la culture et la politique, je t’invite à t’asseoir à côté de moi, fais comme chez toi, je t’accueille comme ce paysage m’accueille, soyons ensemble des adoptés, des arrivants au bord du feu qui incarne l’au-delà de nous, au bord du feu qui change tout, puisque la vie c’est la mort et vice-versa, puisque tout est métamorphose, transformation[8]. »

            Qui connaît le Québec sait la justesse de cette observation : les maisons sont ouvertes et l’on aime causer. Hector Fabre, représentant du Québec, puis du Canada, à Paris, de 1882 à 1910, racontait cette hospitalité « chaude, empressée » à son auditoire parisien : « Aussitôt qu’on signale un étranger à l’horizon, surtout si c’est un Français, on se porte à sa rencontre. C’est à qui l’aura le premier chez lui. On l’invite à dîner, à voir la ville, à se fixer dans nos murs, à épouser une fille sans dot. Et du premier jour au dernier, c’est toujours le même accueil, le même empressement, le même regret de voir le temps s’écouler si vite[9]. » Replaçons ces propos dans leur contexte : il s’agissait de convaincre les Français d’émigrer.

            Ce pays, poursuit Lévesque, notre histoire, « c’est la mémoire de tous ces déracinements qui nous ont faits, de tous ces arbres tombés qui nous ont construits, de toutes ces migrations qui composent l’ici, de tous ces renversements passés qui produisent le maintenant[10]. »

            Le problème est que l’idéologie « nationaleuse », prétendant à la souche, a régné des décennies durant. Et cela, après un siècle d’ultramontanisme et ce que celui-ci a signifié de contrôle et de censure de la pensée[11]. Suffit-il de raconter une autre histoire pour que les vieux discours s’effacent sans laisser de traces ?     
 

Rêvons : nous voici ensemble, tous étrangers, devant le feu, à palabrer. Qu’est-ce qui nous empêche de prendre ce pays à bras le corps et de nous dire souverains ?, interroge l’auteur en citant Gilles Gagné : « Je soutiens, en somme, que le refus de la souveraineté, c’est le refus de défaire la communauté pour en faire une société politique. / Oui, reprend Lévesque, il faudrait briser l’illusion fusionnelle pour venir au monde, dans la séparation, dans la différence, dans le conflit et le jeu politique. Cela forcerait une nouvelle manière de dire “nous” qui inclurait la multiplicité, le dissensus et le polemos[12]. » L’objectif premier est donc de se sécuriser politiquement : « Par une constitution, des institutions, des cadres éthiques, une architecture solide de pays, une grande maison de mots, gravés dans le bois de la charpente[13]. » Un « chez-soi collectif[14] », qui permettrait à la majorité francophone, se sentant enfin protégée de sa disparition, de « reconnaître beaucoup plus facilement en quoi il [le Québec] vient d’ailleurs et en quoi ceux qui viennent d’ailleurs sont donc ici chez eux. L’indépendance politique est la clé de l’ouverture sur le monde[15] »…

            Renoncer à la fusion originelle, propose l’auteur, afin de s’ouvrir aux autres, tous les autres qui font le Québec depuis des siècles[16]. Pourrait-on dire renoncer à « l’amour du même » qui me semble fonder nationalisme et communautarisme ? Voilà quelques années, réfléchissant aux types de groupes sociaux que la pensée sociale de Freud permet de distinguer[17], j’écrivais du lien social au sein de la communauté émotionnelle : « […] rassemblés autour de l’idéal en lequel ils se reconnaissent, auquel ils s’identifient, par besoin d’amour, les membres du groupe font corps, (re)trouvent une unité perdue, font bien Un selon l’expression de divers auteurs parce qu’ils font du Même — mais on pressent à quel prix : l’Autre, celui qui marque un décalage, qui n’entre pas ou ne souscrit pas à l’idéal, celui, donc, qui entame le rêve d’identité, est exclu. Autrement dit, il n’est d’autre que de même, que de l’alter ego. À défaut de quoi, l’Autre est objet de haine. » La question revient : comment sortir de la communauté ?   
 

Si j’étais Premier ministre, imagine l’auteur, « j’irais en premier lieu rencontrer les représentants des premiers peuples. Ensuite les représentants des Anglo-Québécois. Puis les différentes communautés allophones. Je les inviterais à faire un nouveau pays avec la majorité francophone. Puisqu’ils bâtissent et façonnent l’identité québécoise depuis le début. Puisque le Québec est une terre d’accueil qui a été transformée par ceux qu’elle a adoptés[18]. » La constitution reconnaîtrait ainsi quatre peuples fondateurs.   

 
Vue du mont Mégantic [Photo : Maryse Barbance]  
         

            Une question : ne pourrait-on dire « les différents groupes francophones » plutôt que « la majorité francophone », comme si celle-ci formait un tout uni et unanime qu’une même langue suffirait à désigner ? Car la majorité francophone comprend des groupes divers, notamment quant à leur rapport au fait religieux et à la laïcité.

            « Autre question : quel politicien ouvrira la voie ? Disant cela, j’ai en tête la réflexion que se faisait Edmond de Nevers, Canadien français qui travaillait à Paris au tournant des 19e et 20e siècles, au moment où se posait la question de l’indépendance du Canada vis-à-vis de l’Angleterre et où les relations entre Canadiens anglais et Canadiens français étaient si difficiles du fait de la remise en question des droits scolaires et linguistiques des seconds dans plusieurs provinces anglophones : comment imaginer réaliser l’indépendance du Canada, se demandait de Nevers, « tant qu’un esprit assez libéral et assez large pour respecter tous les droits et ménager toutes les susceptibilités ne se sera pas implanté dans les sept provinces du Dominion[19] » ? Appliquée au Québec : comment imaginer faire l’indépendance du Québec tant qu’un esprit assez libéral et assez large pour respecter tous les droits et ménager toutes les susceptibilités ne se sera pas implanté chez la majorité ? 

            Bref : comment apprendre à vivre ensemble en évitant le repli communautaire et/ou nationaliste et/ou religieux (ce qui suppose renoncer à tout ce qu’il apporte en termes de solidarité, de réconfort, de nourriture pour l’esprit, de sentiment d’appartenance et de sécurité), et ce qui lui répond en  écho : la haine raciale ?

            Pour le dire autrement : faut-il attendre l’indépendance pour s’ouvrir aux autres ? Ou ne devrait-on pas d’ores et déjà travailler à la création d’un espace de dialogue hors des champs religieux, nationalistes et communautaires, afin que se tissent des liens sociaux entre le plus grand nombre de personnes et de groupes, espace qui conduira peut-être à l’indépendance si celle-ci est jugée opportune par la majorité ? De la poule ou de l’œuf...
 

Une dernière réflexion de l’auteur m’a touchée. Elle s’articule au personnage de Merlin l’enchanteur œuvrant aux côtés du roi Arthur : « Je ne veux pas d’un pays uniquement mené par Arthur (malgré toute son adresse avec l’épée, malgré son amour pour Guenièvre), écrit Lévesque, je veux aussi d’un Québec suffisamment libre politiquement pour retrouver son feu originel, ce sens de la nature et de la mort, donc du vivant, ce qui ferait du Québec de demain une interface entre l’avenir et the old world, entre la technique et la magie, le courage et la poésie. Je veux le pays et l’enchantement. Le pays pour l’enchantement[20]. » Arthur et Merlin, souhaite Lévesque. En écho me revient ce passage du manifeste du Refus global : « Refus de toute INTENTION, arme néfaste de la RAISON. À bas toutes deux, au second rang ! / Place à la magie ! / Place aux mystères objectifs ! / Place à l’amour[21] ! »

            Pas d’œuvre de raison, donc, qui se ferait aux dépens du monde merveilleux de l’enfance, de l’héritage du passé et de the old religion au sens de ce qui nous environne en tant qu’humains : les mondes végétal et animal, le temps cyclique qui va et revient, les voix des ancêtres (je pense au Cercle sacré de la vie des Premiers Peuples) — ces autres mondes qui sont au cœur du nôtre comme en témoigne Menaud, écrit Lévesque : « la perte du chez-soi [telle qu’exprimée par Menaud] n’est pas uniquement celle de la langue française et de sa culture, ou encore du pouvoir d’exploiter un territoire ; sur un autre plan, plus grand, plus grave, le bois, la rivière sont le réel chez-soi de l’homme. La perte du chez-soi découle ici de l’expropriation qui empêche le contact avec cet au-delà qu’est le réel du bois, des saisons, des rivières des animaux sauvages[22]. »

            Travaillant à un tout autre récit[23], j’écrivais de Menaud : « C’est peut-être ce que Menaud a de plus poignant : son immense solitude. Pour avoir toujours œuvré au fin fond des forêts, là où nul autre que des hommes comme lui ne se risque jamais, il n’a personne à qui parler. Les “étrangers” qui ont loué les terres, on ne sait pas qui ils sont ni d’où ils viennent. S’agit-il d’Anglais, d’Américains, de Canadiens ? Le roman ne le dit pas. Ils sont étrangers parce qu’ils n’appartiennent pas à la terre de Charlevoix. C’est ainsi que le ressent Menaud. Ils sont étrangers, et leur rapport à la terre est tout autre. Menaud et les siens, nés au pays, se sentent faire partie du sol où ils évoluent en toute liberté depuis toujours, ils en vivent, en jouissent et en meurent, les autres le contrôlent, en limitent l’accès, l’exploitent. Alors la haine s’immisce en Menaud et les désirs de vengeance surgissent tandis qu’il contemple le feu : « Ce spectacle soulageait dans son cœur son besoin de violence. » Lévesque interprète : « L’avenir se trouve dans cette sublimation ultime, le retour de l’homme au fondamental, à la rencontre de cette nature qui est deuil, transformations, recommencements […] ».
           

Tel est peut-être le message de Maria Chapdelaine, de Menaud, de Je sais trop bien… : les Québécois n’ont pas à redevenir ce qu’ils ont été (interprétation consacrée de Maria Chapdelaine), mais à en préserver la mémoire vive pour avancer en ancrant leur futur dans ce qui les a faits : le corps à corps avec une terre étrangère dont ils ont dû tout apprivoiser en compagnie de multiples autres avec lesquels le dialogue est continuellement à tisser.
        

© 2016, Maryse Barbance


Maryse Barbance
[Photo: Marie-Noël Challan-Belval]

Maryse Barbance est éditrice consultante, chercheure associée (Institut national de la recherche scientifique, Montréal) et intervient à titre de professeure auprès des formations franco-québécoises de l’EPF école d’ingénieurs (Sceaux, France), école sur laquelle elle a publié une monographie historique, De L’École polytechnique féminine à L’EPF école d’ingénieures, aux éditions Eyrolles (Paris, 2005). Ses articles sur la psychanalyse ont été numérisés par la Société psychanalytique de Paris et ses entretiens et critiques littéraires par Érudit.
          Son premier roman, Toxiques, publié chez Hurtubise HMH (Montréal, 2000), a reçu le prix Anne Hébert en 2001. Il a été adapté par Radio-Canada qui a également diffusé quelques autres de ses textes de fiction. Nénuphar est son deuxième roman (Fides, 2016).


[1] Louis Hémon, Maria Chapdelaine, Bibliothèque électronique du Québec, p. 281, 282. Le début de la citation se lit ainsi : « Autour de nous des étrangers sont venus, qu’il nous plaît d’appeler les barbares ; ils ont pris presque tout le pouvoir ; ils ont acquis presque tout l’argent ; mais au pays de Québec rien n’a changé. Rien ne changera, parce que nous sommes un témoignage. De nous-mêmes et de nos destinées, nous n’avons compris clairement que ce devoir-là : persister... nous maintenir... Et nous nous sommes maintenus, peut-être afin que dans plusieurs siècles encore le monde se tourne vers nous et dise : Ces gens sont d’une race qui ne sait pas mourir... »

[2] Félix-Antoine Savard, Menaud, maître-draveur, Montréal, BQ, 1992.

[3] Nicolas Lévesque, Je sais trop bien ne pas exister, Montréal, Varia, 2016, p. 42.

[4] Émile Durkheim, De la Division du travail social, Paris, Presses universitaires de France, 1986 ; édition originale : 1897.

[5] Je pense aussi aux flux mondialisés du capital décrits par Gilles Deleuze et Félix Guattari, Capitalisme et schizophrénie. L’anti-Œdipe, Paris, Minuit, 1972.

[6] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 54.

[7] Et à tirer du bois tout ce qui était possible : maisons, meubles, papier, livres, bois à graver, cuillers, violons et guitares.

[8] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 45.

[9] Hector Fabre, « La Société française au Canada »,1886, Le Rouge et le Bleu, textes choisis et présentés par Yvan Lamonde et Claude Corbo, Presses de l’université de Montréal, 1999, p. 270.  

[10] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 45.

[11] Sur ce point deux livres m’ont beaucoup apporté : Histoire sociale des idées au Québec 1760-1896, par Yvan Lamonde (Fides 2000), et Censure et littérature au Québec, de Pierre Hébert (Fides, 2004).

[12] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 55 ; la citation est tirée du numéro de la revue Liberté intitulé “Repenser la souveraineté”. En termes psychanalytiques : le peuple québécois ne parvient pas à faire son indépendance car il est resté fixé « au stade libidinal de l’oralité communautaire où le conflit est impossible, parce que dévastateur, dévorant : c’est toi ou moi, nous ou eux, la vie ou la mort. » (p. 56). Ici, devenir souverain politiquement c’est devenir un être sexué.

[13] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 58.

[14] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 57.

[15] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 55. Dans cette grande maison, le Québec pourra faire l’expérience d’« une réelle sécurité affective » qui lui permettra d’acquérir suffisamment de solidité et de confiance en soi pour être ouvert à tous ceux qui composent le pays : Premiers peuples, immigrants de tous pays.

[16] Accéder au tiers symbolique, suppose que la socialité soit présente dans la psyché du père et /ou de la mère, comme troisième terme permettant l’ouverture à l’arbitrage et au jeu politique, écrit Lévesque.

[17] J’avais alors différencié la masse atomisée, la communauté émotionnelle et la société de droits ; voir Maryse Barbance, « Pouvoir, passion, philia : de l’Un au Même à l’Autre », Résonances : dialogues avec la psychanalyse, Simon Harel (dir.), Montréal, Liber, 1998, p. 89-115.

[18] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 66.

[19] Edmond de Nevers, L’Avenir du peuple canadien-français, Paris, Henri Jouve, 1896, p. 321.

[20] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 78.

[21] Paul-Emile Borduas, Refus global, BEQ, p. 18-19 ; édition originale : 1948.

[22] Nicolas Lévesque, op. cit., p. 81-82.

[23] Texte au travail.