Un taxi pour Mavis Gallant, par Marie-Andrée Lamontagne

Les journalistes, ces vieux briscards même quand ils sont jeunes, à l’aide de deux mots cyniques, ont donné un nom au dispositif : viande froide. C’est ainsi que ce milieu, toujours en train de courir après sa queue et celle de la concurrence, croit ne pas être pris au dépourvu quand meurt un écrivain célèbre. Chacun sait que les gloires littéraires se font et se défont. Quel rédacteur en chef peut être assuré d’avoir à disposition le Rouletabille, comme on écrivait délicieusement dans les feuilletons de l’avant-siècle dernier, capable de trousser une notice nécrologique de mille mots sans trop d’erreurs? Aucun. Dans les salles de rédaction aussi les gloires se font et se défont, et plus rapidement encore qu’en littérature. Les belles plumes d’hier peuvent être remplacées le lendemain dans les colonnes des journaux et dans les mémoires. La culture littéraire des jeunes journalistes n’est pas celle des plus âgés. Et comme ce sont souvent les écrivains âgés qui meurent en premier, mieux vaut garder en réserve de la bonne copie sur eux. Une viande froide, pour ceux qui l’ignoreraient, c’est donc cet article que la rédaction garde sous la main, avec dates, prix, lieu de naissance, enfance, divorces, alcoolisme, tout ce qui fait l’ordinaire d’un écrivain ayant vécu une bonne et longue vie. In fine, après un ultime coup de fil à l’hôpital ou à la famille, il n’y a plus qu’à ajouter la dernière date, celle qui compte, aussi bien dire celle qui fait le compte.

Ce que j’écris ici n’est pas une viande froide. Le plat est brûlant au contraire. J’ai repoussé pendant plusieurs jours la rédaction de ces feuillets qui brûlent parce que brûlent les mots que j’écrivais déjà dans ma tête, tout me donnant l’air de vaquer à mes occupations habituelles, comme on dit aussi pour ne pas dire piétiner, tourner en rond, aller nulle part.

Nous sommes entre lettrés, n’est-ce pas? Nous savons que la littérature a aussi son genre dans le genre mortifère. On appelle ça un tombeau, c’est-à-dire un éloge du disparu qui, par petites touches ou amples périodes, fait descendre à ce dernier une à une, les marches qui le conduisent vers l’éternité. Après quoi, un dernier claquement, la lourde pierre est poussée, la grille refermée, et mort à jamais le grand personnage demeure, tandis que les vers s’avancent, cohorte silencieuse, besogneuse. L’école baroque a donné là-dessus quelques images saisissantes.

Ce que j’écris ici n’est pas non plus un tombeau. Mais pourquoi diable faudrait-il à tout prix que je donne un nom à ce texte que personne ne m’a demandé d’écrire et qui n’est peut-être qu’une tentative d’exorciser le geste brutal de la disparition? Quand j’ai appris la mort de Mavis Gallant, il y a quelques jours, j’ai été accablée d’un coup d’une solitude profonde, sans remède et jusqu’ici inconnue. Je n’étais pas une intime. Je n’étais pas une amie. L’amitié exige du temps. Or c’est à quatre ou cinq reprises tout au plus que Mavis Gallant et moi nous étions vues ces dernières années, il est vrai chaque fois un peu longuement et en tête-à-tête. J’admirais l’écrivain, j’admirais la femme. Je suis journaliste; elle l’avait été. Je suis écrivain; elle l’est suprêmement. Bon, il me faut renoncer dès maintenant à qualifier ce qui prenait forme entre nous et que la grande gifle de la mort a balayé.

La sagesse serait de ne s’attacher à personne, surtout pas aux vieilles dames. La sagesse serait de poursuivre mon chemin le cœur et l’esprit plus riches de souvenirs, même récents, même freinés dans leur élan. La sagesse, j’ignore ce que c’est. Je n’ai que des détails très nets. Par exemple, la lumière opale de la première salle du Dôme, où le maître d’hôtel m’invite à attendre celle à qui j’ai donné rendez-vous, tout en me faisant apporter le verre de bordeaux réclamé. Le cliquetis des couverts, aussi, car l’heure du déjeuner achève. Quelques célébrités autour, dont je me garde bien de remarquer la présence, même si je la remarque quand même. Lionel Jospin, là, à deux mètres, qui déjeune avec  Sylviane Agacinski. Ils ont choisi le poisson, moi je plonge le nez dans le catalogue de l’exposition Louise Bourgeois acheté plus tôt.

Je suis à l’heure. Mavis Gallant l’est aussi, sauf qu’elle surgit après quelques minutes, par derrière, depuis la seconde salle, après être passée par je ne sais quelle porte, et voilà que le maître d’hôtel mène jusqu’à moi une femme si petite et si recourbée que je la domine d’une bonne tête, moi qui dois presque toujours lever les yeux sur mon interlocuteur du moment. Je me tiens droite. Je suis grande. Je suis incroyablement jeune. Elle dit Ne restons pas là, et avec le maître d’hôtel nous retraitons vers l’intérieur, dans un box discret, où elle semble avoir ses habitudes. Dans quelques heures, le garçon s’excusera de passer l’aspirateur dans les allées. Il ne nous chasse pas, loin de lui cette idée, il n’y a qu’à continuer de faire comme s’il n’était pas là, mais il lui faut bien préparer la salle pour le service du soir. Aujourd’hui je pense : que s’est-il passé pendant ces quelques heures, sinon, oui, une sorte d’appel, reconnaissance, connivence, toutes choses qu’ailleurs, avec un homme, j’aurais appelées amour, mais qu’ici je n’appelle d’aucun nom, trop attentive à retenir ce qui a eu lieu. Manie d’écrivain que de vouloir nommer chaque chose, les sentiments y compris. En ce moment, je m’efforce de n’être pas écrivain. D’ailleurs je ne le suis pas. Je suis juste en deuil.

Avec Mavis Gallant, les serveurs du Dôme sont prévenants et affables, à des lieues de la figure du garçon de table parisien plein de morgue que les touristes aiment détester. Plus tard, alors qu’elle s’absente un moment, l’un d’entre eux me glisse à l’oreille : sa gentillesse, le respect qu’on lui témoigne ici, est-ce que j’en ai seulement une idée? Quand elle revient, Mavis Gallant m’offre son dernier livre, paru cette année-là chez Bloomsbury. Je dis avoir lu il y a quelques mois l’entretien qu’elle a accordé à Jhumpa Lahiri, paru dans Granta. Elle n’est pas journaliste, objecte Mavis Gallant, comme si c’était là une faiblesse. Elle ne se souvient ni des faits ni des dates et il faut les lui rappeler, ce que j’ai fait à plusieurs reprises au cours de l’entretien. Malgré tout, Mavis Gallant paraît plutôt contente du résultat.

Vous connaissez cet homme? me demande-t-elle tout à trac. Il vous regarde depuis tantôt. Elle lui décoche un regard méprisant. Tête blanche, la soixantaine avancée, l’homme a pris place dans le box voisin, une canne coincée entre les deux jambes. Il n’arrête pas de vous regarder, insiste-t-elle. Vous avez une arme? Je vais le tuer. L’homme tousse, renâcle, elle ne cache pas son exaspération. Je ne supporte pas la présence d’un homme, dira-t-elle plus tard, ni de quiconque, d’ailleurs. Je vis seule, mais je ne suis pas solitaire. Un jour, au téléphone, un ami canadien, professeur à l’université, lui a fait remarquer que certains signes, chez elle, suggéraient une forme d’autisme : ne pas supporter de vivre avec quelqu’un, avoir des souvenirs très anciens qui remontent aussi loin qu’à l’âge de quatre ans. L’ami s’est empressé d’ajouter qu’il ne fallait y voir aucun reproche, que plusieurs écrivains étaient dans le même rapport autistique avec le réel. Au fond, elle avait de la chance. L’assaut psy l’avait exaspéré. Comment pouvez-vous dire cela? Because I’m teaching all that stuff, avait-il répondu dans un éclat de rire. Des professeurs, il faudrait donc se méfier aussi? J’observe que notre conversation, amorcée en français, se déroule pour une bonne part en anglais, comme si la langue des souvenirs demeurait l’anglais, en dépit du français appris en bas âge.

À la religieuse du couvent, à Montréal, où ses parents l’avaient mise en pension à quatre ans, son père avait expliqué que c’était parce qu’il voulait que sa fille apprenne le français. J’étais alors la seule anglicane et la seule anglophone chez les religieuses du Bon Pasteur.  Pour être présentée à la mère supérieure, en présence de la sœur tourière, elle avait voulu porter sa plus belle robe, blanche, bien sûr, avec un ruban noué dont les pans descendaient très bas, presque jusqu’aux chevilles. La mère supérieure s’y était objectée : ici elle ne portera pas ce genre de tenue. J’étais déçue de ne pas être admirée dans ma plus belle robe. Au couvent, elle porte un voile noir comme les autres élèves, et cela jusqu’à la première communion. Après quoi le voile est blanc.

Son mari, John Gallant, elle l’a rencontré chez des amis, à Ottawa. Il avait commencé des études de musique puis s’était engagé dans l’armée.  Ils se sont rencontrés au cours d’une permission, en 43. Ce qui lui a plu chez lui? Le sens de la repartie. Un disque de Chostakovitch jouait chez les amis. Elle avait fait une remarque, il l’avait corrigée : non, c’est le 5e mouvement. Elle s’était dit : oh this is interesting. À l’époque, elle avait des idées très à gauche, une bague de fiançailles, cela fait horriblement bourgeois. Elle n’en veut pas. L’épouse du couple d’amis chez qui ils se sont rencontrés suggère au fiancé d’offrir un bracelet à sa future. Ce qu’il fait. Le bracelet est acheté chez Birks et pendant longtemps elle l’a conservé. Le mariage a eu lieu à l’église St. John the Divine, suivant le rite anglican, même si le fiancé était méthodiste. En réalité, ni l’un ni l’autre n’étaient pratiquants, mais à l’époque tout mariage se devait d’être religieux. De nouveau, l’épouse du couple d’amis, décidément gardienne des coutumes dans cette histoire, était intervenue : la fiancée devait obligatoirement sortir d’une maison, qui est le foyer, pour se rendre à l’église, où commence sa nouvelle vie. La jeune Mavis était donc partie de chez l’amie. Il fallait aussi donner une réception. Non sans mal, les jeunes époux avaient déniché du champagne, du whisky et du gin, tous alcools achetés chez un épicier de confiance, qui planquait les bouteilles sous le comptoir. C’était plus simple comme ça. Elle portait une robe en soie. À l’époque, tous les tissus étaient naturels, ajoute-t-elle.

À plusieurs reprises, au cours de la conversation, il sera question de toilettes, de chiffons, d’élégance. Mavis Gallant attache de l’importance à ces choses. Jamais, dit-elle, il ne nous serait venu à l’idée, à nous autres femmes journalistes à l’époque, de nous présenter mal habillées pour une entrevue ou quelque autre rencontre. Alors qu’il m’est arrivé récemment de recevoir une journaliste qui portait des jeans troués. Celle-là, j’avais une furieuse envie de la renvoyer chez elle. Je rétorque que la mode des années 1950 n’a pas vieilli. Elle approuve. Elle se souvient d’avoir porté des vestes très cintrées à la taille et qui vont s’évasant ensuite, très larges. La jaquette de son livre reproduit une photo de Cartier-Bresson : un couple, du haut de ce qui semble être le dernier étage de la tour Eiffel, admire Paris en surplomb. La femme porte des bas avec une couture visible sur le mollet – signature des années 1930, précise Mavis Gallant. Regardez, ajoute-t-elle, la femme est plus grande que lui, mais elle porte quand même des talons, elle l’aime son petit homme qu’elle enlace à la taille. Rire. Sa femme de ménage, Camerounaise, voyant le livre, lui a demandé : C’est vous? Ce qui l’a étonnée. Deux jours plus tard, sa concierge, femme tout ce qu’il y a de plus français, fait la même remarque. Plus personne, soupire Mavis Gallant, ne semble être capable de reconnaître une photo de Cartier-Bresson quand on en voit une. À une certaine époque, la référence était connue de tous. Rien à faire, le niveau baisse.

À côté, l’homme continue de s’agiter. Nous parlons du désir. Elle dit que ça ne s’arrête jamais. Qu’avec l’âge, bien sûr, l’intensité diminue, mais que le désir est toujours là. Et qu’elle est d’autant plus contente de vivre seule, car un vieux mari est plus difficile à supporter qu’une vieille épouse. Ainsi une femme ne ferait jamais comme cet homme, toussant, se raclant bruyamment la gorge, crachant dans son mouchoir. Voilà pourquoi je préfère la compagnie des femmes, conclut-elle, en raison de leurs bonnes manières.

Elle me raconte sa première visite dans sa belle-famille, en Nouvelle-Écosse. Les Gallant sont descendants d’Acadiens. Si vous allez dans l’église de Grand Pré, dit-elle non sans fierté, vous verrez la liste des Acadiens déportés, et parmi eux il y a le nom Gallant. J’ai donc pensé que mon beau-père serait content de parler français. En réalité, ce n’est qu’en s’efforçant de discuter avec moi qu’il a compris qu’il avait oublié sa langue maternelle. Le lendemain, sa femme, ma belle-mère, m’a raconté qu’il en avait pleuré pendant une partie de la nuit. À ce moment de notre conversation, les larmes lui viennent aux yeux, à elle aussi.  Mavis Gallant s’excuse de pleurer. Elle dit que c’est l’effet du grand âge. Avant, quand une situation me donnait envie de pleurer, je n’avais qu’à me répéter : Stop it. This is only a situation. A film. A stranger. Et cetera. Et ça marchait. Maintenant, mes ordres ne servent à rien. Elle se tamponne les yeux.  Excusez-moi, répète-t-elle. Je lui dis que Rilke a écrit quelque chose sur le don des larmes, dans une lettre, je pense, don que seuls quelques-uns ont reçu, comme une forme supérieure de connaissance. Plus tôt, elle me raconte qu’au couvent il lui arrivait souvent de rêver qu’elle entendait une toute petite fille pleurer la nuit et crier Mummy, Mummy. Peut-être que cette enfant, c’était moi.

Je ne dis rien.

La prochaine fois que nous nous reverrons, nous mangerons ici, décrète-t-elle. Il y a une table avec des photos de Picasso. Je demande si elle est libre et, quand elle l’est, on me l’attribue. Nous pourrions manger là. La carte privilégie les poissons. L’unique plat de viande au menu est toujours du veau. Vous voulez du veau? propose invariablement le serveur à la clientèle, après avoir épousseté l’unique côtelette de veau dont personne ne veut. Nous rions. Elle me dit que l’intérieur de la brasserie a été refait une première fois dans les années 1970 et puis plus récemment, chaque fois en préservant le décor d’origine. Elle me dit que l’endroit lui plaît. Qu’elle a commencé à venir au Dôme dans les années 1950, parce que ce n’était pas cher et que c’était bon. Ce n’était pas pour se tenir au chaud, comme l’a écrit une journaliste à son sujet, lui attribuant l’anecdote bien connue au sujet du couple Sartre-Beauvoir au Flore.

Je m’éclipse à mon tour un instant. Quand je reviens, le garçon passe l’aspirateur. La salle à manger est fermée. La nuit est tombée. Elle tombe tôt en novembre. De retour dans le box, j’annonce avec résolution que je vais maintenant faire deux choses : me remettre du rouge et lire devant elle la dédicace qu’elle m’a écrite dans son livre, ce que je n’avais pas osé faire plus tôt. Elle sourit, comme si les deux gestes allaient de soi, étaient indissociables.

Nous sortons sous le regard attendri des serveurs du Dôme qui nous font presque une haie d’honneur. Comme elle me l’a demandé, je l’aide à traverser le boulevard du Montparnasse jusqu’à la borne de taxis. Elle dit que seule elle ne peut plus le faire maintenant. Je lui offre mon bras. Elle est vêtue trop légèrement, d’une gabardine dont elle laisse les pans ouverts, avec coquetterie. La belle écharpe verte n’est pas nouée non plus. Aucun taxi en vue. Je lui demande si elle a froid. Elle dit que non. Je m’inquiète du vent qui pince fort, du taxi qui ne vient pas. Ne pourrait-on pas appeler un numéro, comme elle l’a fait la dernière fois que nous nous sommes vues? Je sors mon portable. Elle fouille dans son sac et dit : Keep an eye on the taxi, if it comes. Elle ne trouve pas le numéro. Enfin, en voilà un. Je le hèle. Il allait rentrer. Il n’acceptera la course que si elle est sur son trajet. Elle donne l’adresse. Il hésite. J’insiste : Je vous en prie, monsieur. Devant la vieille dame courbée, il se laisse convaincre. Je l’aide à monter à bord de la voiture, en la portant presque dans mes bras. Elle m’avait prévenue : il lui arrive souvent d’être étourdie ou d’avoir les jambes flageolantes quand elle se lève après être restée longtemps assise. La voilà installée à l’arrière du taxi. Elle tourne vers moi un beau visage ridé. Des larmes coulent de ses yeux. Si je pleure, cette fois, c’est à cause du froid, précise-t-elle, crâne. Surtout que je n’aille pas m’imaginer des choses.  Je réponds : Je sais. Le taxi part.

22 février 2014

 

© 2014, Marie-Andrée Lamontagne


Photo: Martine Doyon

Marie-Andrée Lamontagne est écrivain, éditrice, journaliste et traductrice. Chez Leméac Éditeur, notamment, elle a publié un roman (Vert), un recueil de nouvelles (Entre-monde) et un récit (La méridienne). De 1998 à 2003, elle a dirigé les pages culturelles du quotidien québécois Le Devoir, où elle collabore encore à l’occasion. Elle prépare actuellement une biographie de la romancière et poète Anne Hébert (à paraître aux éditions du Boréal). 
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