Lettre III, par Georges Castera

Lettre III

 

La lettre sur mer

 

Le temps menace la ville

d’un canon de rides

 

Tu m’écris que les arbres

étranglent les oiseaux

et que la mort fait mouche

sans jeu de mots

le bilinguisme entre les cuisses

 

Je ne sais plus si dehors

ma passion atterrit en catastrophe

ou si…

trois points suspensifs

La lumière s’est changée en cris

le vent blessé est introuvable

 

J’ai pris tous les risques

sans drapeau blanc

jusqu’à la cime des mots

 

Ville absolue dans l’éphémère

ville abrutie dans le mal vivre du poème

ville pour l’anecdotique vie

sans importance

sans porte de secours

 

sans porte de sortie

 

vie portée à vue par la mer

sous poids de barbelés.

 

 

Les cinq lettres

© Georges Castera

Éditions Mémoire d’encrier, 2012

Né en 1936 à Port-en-Prince, Haïti, Georges Castera est poète et dessinateur. Figure importante de la poésie contemporaine, il écrit en français, en créole et en espagnol. En 2006, il reçoit le prix Carbet de la Caraïbe. Il vit à Pétion-Ville.

Page 1 2 3 4 5 6 7

More articles

L’amour et la convention, par Anica Lazin

La sincérité de l’art de Lepage et la fausseté de la musique d’Adès : le fléau et les plateaux vides de la balance juste et sensible de l’art lyrique.

Julie Boulianne, mezzo-soprano, Miranda

 

Onzième lettre d’Israël, par Chantal Ringuet

L’homme qui buvait les mots

Entretien avec Etgar Keret

L’écrivain israélien Etgar Keret, en compagnie de Chantal Ringuet, à Mishkenot Sha'ananim, au moment du International Writers Festival, Jérusalem, le 17 mai 2012. [Photo: Aleksandar Hemon]

8-Logos-bottom