Chantal Ringuet. Entretien avec Annie Heminway et Zoran Minderovic

Chantal Ringuet, Mont Scopus, Jérusalem
 

 

 

Est-il possible d’expliquer – ou de définir - la magie de Jérusalem?

C.R. La « magie » de Jérusalem émane de la beauté de la ville, de son histoire et surtout, du contact avec ses habitants. L’écrivain algérien francophone Boualem Sansal, que j’ai rencontré en 2012 dans le cadre du Festival international des écrivains de Jérusalem, a affirmé qu’il en était revenu « heureux et comblé ». Son exemple est fort intéressant. À cette période, il était accusé de haute trahison envers la nation arabe et le monde musulman parce qu’il avait accepté l’invitation des organisateurs du festival à se rendre en Israël. « Dans la vieille ville multimillénaire, écrit-il, il est simplement inutile de chercher à comprendre, tout est songe et magie […] on passe d'un mystère à l'autre sans transition, on se meut dans les millénaires et le paradoxe sous un ciel uniformément blanc et un soleil toujours ardent[1] ». De nos jours, il est souvent difficile d’imaginer cette « magie » depuis l’extérieur, en raison des convictions et des opinions négatives qui perdurent à l’endroit d’Israël, d’une part, et d’autre part, de la présence religieuse qui s’y affirme de plus en plus. Mais Jérusalem est un formidable point de rencontre entre le monde céleste et le monde terrestre, ainsi qu’entre de nombreuses langues et cultures ayant façonné les contours du Proche-Orient depuis les derniers siècles. C’est aussi une ville fantasmée qui a inspiré de nombreux écrivains. Malgré sa fragmentation croissante au début du XXIsiècle, elle renferme toujours certains joyaux, dont le patriarcat arménien de Jérusalem, un véritable havre de paix peu accessible au public. De plus, elle joue un rôle central dans l’éventualité de la création d’un État palestinien.

Marcel

 

 

Pour moi, deux rencontres fortuites illustrent la manière dont opère la magie de Jérusalem. D’abord, celle de Marcel, un monsieur d’âge honorable qui vendait des fleurs et des livres d’occasion le vendredi dans la rue commerciale du mont Scopus (French Hill). J’ai fait sa connaissance en 2012, le lendemain de Yom Ha’Shoah, le jour de commémoration des victimes de la Shoah. Nous bavardions et après quelques minutes, il m’a fait une confidence à propos de son frère qui avait été interné à Auschwitz. Son témoignage, très touchant, révélait la sensibilité d’un Français issu d’une génération qui a été lourdement frappée par la guerre, la survivance, l’émigration en Israël, le changement de langue et d’identité. La deuxième rencontre s’est produite à l’été 2016 sur la terrasse du YMCA, un établissement valorisant la rencontre entre les trois grandes cultures de la ville (Juifs, arabes et chrétiens)[2]. J’avais rendez-vous au restaurant Three Arches et j’étais installée à la terrasse quand une jeune fille arabe, très souriante, est venue me parler. Nous avons bavardé un brin. J’ai appris qu’elle habitait Beit Hanina, une banlieue de Jérusalem-Est, et qu’elle étudiait la littérature anglaise à l’Université de Bethléem. Par la suite, nous avons poursuivi nos échanges par courriel en discutant de sa vision des femmes, de la religion, des rapports entre hommes et femmes et des relations entre Israéliens et Palestiniens. Sa vision des choses était à la fois nuancée et surprenante. J’ai alors décidé d’intégrer une partie de nos conversations dans l’ouvrage, afin de présenter le point de vue de cette jeune femme qui appartient à une nouvelle génération, celle qui bâtira « l’avenir ».

Chantal Ringuet avec Ameera, étudiante en littérature anglaise

 

 

En résumé, je dirais que la magie de Jérusalem se manifeste souvent de manière inattendue dans cet environnement empreint d’une beauté pittoresque, mais associé à un contexte porteur d’une lourde charge historique, politique et affective. Si l’on n’est pas croyant, on se lassera vite des cérémonies religieuses qui se déroulent régulièrement dans la vieille ville, comme je l’expose de manière un peu ironique dans un chapitre intitulé Ras-le-bol des Lamentations. Ainsi, grandes sont les chances que ce ne soit pas les lieux saints, mais plutôt les habitants de la ville qui nous la fassent découvrir.

Étant donné que les écrivains en Israël se trouvent dans une situation de fragilité multidimensionnelle, leur langue et leur pays étant mis en question, pensez-vous que toute littérature, dans ce contexte, doit être engagée ?

Puisque la question concerne Israël, je vais parler exclusivement de ce pays. En Israël, la question de l’engagement des écrivains est extrêmement importante, notamment en ce qui concerne la paix. Le mouvement pour la paix israélien « La paix maintenant » (Shalom Akhshav) poursuit ses activités depuis 1978 ; il vise la reconnaissance d’un État palestinien tout en se revendiquant sioniste. Parmi ses éminents représentants, il compte les romanciers Amos Oz et David Grossman. Pour eux comme pour bon nombre d’écrivains, promouvoir la paix et veiller à la réconciliation entre les deux peuples est absolument indispensable. Cela, d’autant que les résurgences du conflit israélo-palestinien confrontent les citoyens à l’urgence de se prononcer contre la violence et de défendre des valeurs qui unissent au lieu de diviser la population au Proche-Orient. Ainsi, en 2014, à la suite du conflit à Gaza, l’écrivain arabe Sayed Kashua et l’Israélien Etgar Keret ont entretenu une correspondance à ce sujet qui a été publiée dans le New Yorker. Si cela n’a rien réglé sur le plan politique, la suite a bien montré qu’il s’agissait d’un geste courageux et porteur de risques, justement parce qu’il met à jour une situation intolérable. Après, Etgar Keret a reçu des menaces de mort. Sayed Kashua, lui, voyant que la situation ne changerait pas, a décidé d’aller vivre aux États-Unis. Leur exemple révèle le caractère tragique de la situation. De plus, il montre qu’un véritable fossé subsiste entre la pensée de nombreux Hiérosolomytains et l’idéologie des politiciens au pouvoir en Israël.

Il est difficile de se prononcer sur ce que « devrait » être une littérature, sur l’engagement qu’elle implique, par exemple en Israël. De manière générale, c’est une question à laquelle chaque écrivain(e) est confronté(e) de manière très personnelle. Parler de l’engagement politique des écrivains dans la perspective de la mise en question de la légitimité de leur langue et de leur pays, cela nous ramène évidemment à la question nationale. Question centrale, certes, mais doit-on pour autant y restreindre la littérature? Cela n’est pas sa fonction. D’ailleurs, plusieurs écrivains dont la démarche est plus intime ou cosmopolite se sont détachés de la question nationale et des considérations politiques. Je ne crois pas pour autant qu’ils ferment les yeux sur la réalité humaine et sociale qui les entoure. La poésie de Sivan Beskin est dépourvue de revendications politiques, car ses textes permettent justement de traverser les frontières tout en fusionnant les cultures et les médiums : la musique rock, l’art de la Renaissance en Italie et en France, etc. C’est ainsi qu’elle participe à la vitalité de la littérature israélienne de sa génération. La revue littéraire Ho!, dont le titre se prononce dans toutes les langues, a aussi une vocation très cosmopolite : on y fait la part belle à la traduction et aux auteurs européens, notamment les auteurs français.


Zeruya Shalev

 

 

 

Pendant longtemps, c’est-à-dire jusqu’aux années 1990, la littérature israélienne a été centrée sur la question de la nation. Durant quatre décennies, donc, elle répondait à l’idéal sioniste. Or, une littérature centrée exclusivement sur la question nationale peut-elle gagner une reconnaissance internationale? N’est-ce pas la fonction de la littérature de procurer une ouverture sur le monde? Je citerai finalement l’exemple de Zeruya Shalev. Auteure israélienne de renom, Shalev a produit des textes intimes dans lesquels elle dépeint des histoires amoureuses. Depuis des années, les journalistes ne cessent de l’interroger au sujet de son engagement et de l’impact du conflit israélo-palestinien sur son œuvre. Au point où certains journalistes, incapables de dissocier la littérature des questions politiques, ont déjà proposé des interprétations douteuses de ses romans, d’après lesquelles les protagonistes de ses histoires amoureuses représenteraient d’un côté Israël et de l’autre la Palestine. Selon Shalev, le contexte de violence qui sévit au Moyen-Orient rend l’écriture difficile : l’écrivain doit se retirer pour écrire, il doit maintenir une certaine distance avec le monde qu’il dépeint, et parfois, cela devient impossible.


Vous critiquez les simplifications médiatiques dans le discours concernant le conflit, ou les conflits, au Proche-Orient. Quelles sont les complexités—politiques, historiques et psychologiques qui échappent aux « experts » ?

Il faut d’abord bien définir ce qu’on entend par « expert ». Un expert doit être très informé du sujet, avoir une certaine expérience du contexte, conserver une certaine distance vis-à-vis de celui-ci et émettre un point de vue nuancé. Cela implique qu’il doit de se tenir à l’écart des discours partisans, idéologiques ou dogmatiques. Dans le cas du conflit au Proche-Orient, il s’agit d’une responsabilité très difficile. La fragilité du contexte géopolitique, la couverture médiatique du conflit par les médias occidentaux et la désinformation sont autant de facteurs qui contribuent à façonner une image dichotomique des relations entre Israël et la Palestine. Cette situation est propice à l’expression d’opinions tranchées et à la formulation de jugements péremptoires; bref, au déferlement des passions.

Parmi les complexités qui échappent parfois aux « experts », il y a d’abord les difficultés liées à la vie qui se déroule sur place. Discuter du conflit ou de la résurgence de la violence au Proche-Orient à distance, c’est une chose; mais dans la vraie vie, la réalité se déroule tout autrement. Contrairement à ce que donne à penser l’image des relations entre Israéliens et Palestiniens que projettent souvent les médias, la vie quotidienne dans une ville comme Jérusalem n’est pas marquée par un affrontement perpétuel entre les habitants des deux côtés. Il y a certes des tensions, mais ce que la majorité des habitants souhaitent, c’est la paix… Et puis, entre le moment où un événement survient et la diffusion de l’information dans les médias, il y a souvent des données qui se perdent ou qui sont déformées. Ainsi, la simplification du conflit ne facilite pas la compréhension que l’on peut en avoir, y compris en tant qu’expert.

Mais il y a plus. L’exemple d’Ethan Bronner, ancien chef du bureau du New York Times à Jérusalem, me paraît particulièrement évocateur de l’envergure des difficultés en question. Dans un article percutant qui a paru dans le journal en 2009[3], Bronner a exposé à quel point les deux côtés (israélien et palestinien) parlent des langues différentes. Autrement dit, ils utilisent des termes semblables, mais ceux-ci comportent une signification opposée. Ainsi, cette « guerre des langues » déconcertera n’importe quel journaliste qui cherche à raconter le conflit d’une manière qui sera considérée juste et équitable à la fois par les Israéliens et par les Palestiniens.

  

 

 

Bauhaus; Boulevard Rothschild, Tel Aviv

 

 

Tel-Aviv, une ville à part? Comment expliquez-vous l’énorme vitalité culturelle et le cosmopolitisme de cette ville qui est différente des autres de la région ?

Tel-Aviv est une ville jeune, dynamique, exubérante. Fondée en 1909 en Palestine juive, elle s’est définie d’entrée de jeu comme une ville moderne à caractère européen, notamment en raison des nombreux immeubles au style architectural Bauhaus qu’on y a construits. C’est une ville qui a poussé au milieu du désert du jour au lendemain dans une région du monde habitée depuis plusieurs millénaires. Au départ, la majorité des Juifs d’Europe ne voulaient pas s’y installer: c’était l’Orient, en somme, avec tous ses défauts, comme l’évoque le personnage de la grand-mère dans le roman autobiographique d’Amos Oz, Une histoire d’amour et de ténèbres. On connaît bien le contraste saisissant entre Jérusalem, ville à caractère historique et religieux, et Tel Aviv, cité empreinte de modernité et de laïcité. En réalité, Tel-Aviv est une enclave qui s’apparente, à certains égards, à une ville comme Berlin, voire Montréal... Les films d’Amos Gitaï, dont Alila (2003), représentent fort bien l’aspect déconstruit de la ville, de même que l’absence de sédimentation des classes sociales et les valeurs démocratiques qui la caractérisent. Certains la trouvent un peu clinquante, mais avec son bord de mer, ses nombreuses institutions culturelles et ses cafés, c’est une ville animée d’une forte effervescence culturelle. De manière générale, c’est vraiment une ville où il fait bon vivre.

Parlez-nous des écrivains israéliens qui, venus d’Europe et parlant d’autres langues, ont adopté l’hébreu, la langue nationale, comme langue maternelle.


Sivan Beskin 

 

 

Il faut d’abord rappeler que c’est le cas de la vaste majorité des écrivains israéliens au XXe siècle : pratiquement tous ont émigré en Israël, ils ont adopté l’hébreu. Je pense spontanément à deux exemples associés à des générations différentes : Aharon Applefeld et Sivan Beskin. Enfant orphelin durant la guerre, le premier a survécu à la Shoah: il a été accueilli par un groupe de réfugiés qui se déplaçait incessamment, avant de rejoindre un groupe qui entraînait les jeunes juifs en Italie avant de les envoyer en Israël. Avant son arrivée, on lui a donné un nom hébreu dont il ne voulait pas. Il a dû changer de langue et se reconstruire totalement alors qu’il avait tout perdu. Apprendre la nouvelle langue, dans ce contexte, instaurait une coupure avec le monde de sa jeunesse, avec ses parents déportés, avec l’Europe, etc. Il a dû changer d’identité, devenir israélien en répondant à l’idéal du sionisme, moins par choix qu’en raison du contexte de l’après-guerre, une période extrêmement chargée où tous les espoirs étaient tournés vers la fondation de l’État d’Israël. Pour lui, comme pour plusieurs garçons de son âge, ce fut un long apprentissage dans un contexte de trauma et de deuil.

Le deuxième exemple est celui de Sivan Beskin. Née en Lituanie, Sivan est arrivée en Israël avec sa famille après la chute du bloc de l’Est, vers l’âge de quatorze ans. Dès cette période, elle a adopté l’hébreu : mais contrairement à Aharon Appelfeld, l’émigration était davantage associée, pour elle, à une liberté nouvelle qu’à la déroute et au deuil. Pour cette raison, elle s’est adaptée rapidement. Aujourd’hui, elle écrit en hébreu et elle chante des chansons en russe à ses enfants afin de leur transmettre sa langue maternelle.

Comme les autres auteurs qui ont fait aliyah (émigré en Israël), ces écrivains font face à un problème général : leur lectorat est très restreint. Tant qu’il ne seront pas traduits à l’étranger, leurs ouvrages demeureront connus par un petit nombre de lecteurs.

Pourriez-vous imaginer votre vie au Proche-Orient?

Le Proche-Orient est une région où je retourne assez régulièrement. J’y retournerais certes pour un séjour de quelques mois, mais y habiter en permanence ne me conviendrait pas. D’ailleurs, je n’y ai pas de famille et je ne parle couramment ni l’hébreu ni l’arabe. Depuis les dernières années, je voyage beaucoup et j’apprécie de plus en plus la liberté de me déplacer entre différentes villes, de circuler entre les cultures et les langues… L’enracinement m’intéresse de moins en moins. C’est d’ailleurs un aspect que j’aborde à la fin de mon ouvrage, en citant l’écrivain italien Erri de Luca. Dans son ouvrage Noyau d’olive (2004), celui-ci rappelle que selon le texte de la Bible, « les hommes sont locataires et non propriétaires du sol ». À trop vouloir se l’approprier, on met en péril le destin de l’humanité.



[1] Boualem Sansal, « Je suis allé en Israël… Et j’en suis revenu riche et heureux », Harissa, 29 mai 2012.

[2] Il faut préciser que ce YMCA se distingue clairement de ceux que l’on retrouve en Amérique du Nord.

[3] Ethan Bronner, New York Times. 


© 2017, Annie Heminway et Zoran Minderovic



 Annie Heminway

Annie Heminway enseigne l’écriture créative, la Littérature-Monde et la traduction en ligne à New York University. Elle est traductrice littéraire, rédactrice à Mémoire d’encrier à Montréal et consultante pour le Festival littéraire international de Montréal Metropolis bleu et Femmes au-delà des Mers à Paris. Elle est l’auteur d’une quinzaine de livres, les plus récents, French Demystified et la série Practice Makes Perfect (New York: McGraw-Hill 2011). Elle est directrice littéraire pour le contenu français du Salon .ll.

 

Zoran Minderovic

Chercheur, traducteur, relecteur (membre du PEN Canada) et écrivain, Zoran Minderovic a traduit des livres de Claude Lévi-Stress, Julia Kirteva et Félix Ravaisson en serbe. Il est rédacteur associé du Salon .ll.



 

Chantal Ringuet
[Photo: Richard-Max Tremblay]

 

 

Écrivaine, chercheure et traductrice, Chantal Ringuet est l’auteure de recueils de poésie (prix littéraire Jacques-Poirier 2009) et d’ouvrages sur le Montréal yiddish. Elle a fait paraître un collectif sur Leonard Cohen et une traduction de l’autobiographie de Marc Chagall. Un pays où la terre se fragmente. Carnets de Jérusalem est publié par Linda Leith Éditions (2017). 

Photos: Chantal Ringuet: Marcel, Zeruya Shalev, Bauhaus
Simon-Pierre Lacasse
Iris Nesher: Sivan Beskin
Pierre Anctil: Chantal Ringuet.

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